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Extravagances

09.04.2021

Il y a des livres qui font du bien, parce qu’ils proposent des petites histoires dans lesquelles la candeur le dispute à la fraîcheur.


Ce recueil de courts récits de Dominique Besnard, « Extravagances », produit, comme par enchantement, un effet bénéfique sur le lecteur. C’est suffisamment rare pour être souligné !
Je parle de candeur, mais il ne s’agit pas d’histoires naïves ou innocentes, bien au contraire. Dominique Besnard nous entraîne, par de petites incursions, dans un monde imaginaire, pourtant étalé sous nos yeux mais que nous ne voyons pas. Dans celui-ci, les objets nous observent, ont parfois de l’affection pour nous, les insectes et les araignées éprouvent des états d’âmes. Ouvrir ce livre, c’est partir à la rencontre d’un univers qui nous connecte avec notre enfance, quand tout était plus simple et lumineux.
J’ai vraiment, dès la première histoire, “Métamorphose”, renoué avec ces lointaines années de la Communale, retrouvant les images enfouies au fond de ma mémoire de ce soleil d’automne qui dorait les arbres de la cour de récréation, de ces classes qui fleuraient bon la Troisième République.
On découvre, au fil des récits, une galerie de personnages, souvent solitaires, confrontés à des situations insolites, parfois très inventives comme “L’escalier”, où l’habitant d’un immeuble voit, jour après jour, le nombre de marches pour accéder à son logis augmenter. Le fantastique apparaît souvent au détour d’une pièce, dans un coin de jardin, dans une fête foraine, dans le reflet d’un miroir. Dominique Besnard semble ressentir une tendresse particulière pour tous les objets abandonnés, et un peu « vintage », qui sommeillent au fond des greniers ou proposés en brocantes. Elle aime les rappeler à la vie. “La boule disco” illustre parfaitement cette nostalgie des années 70.
Tendresse et amour habitent également ces pages, et l’on peut à cet égard citer “L’amour à contre-jour”, un texte poétique et charmant.

Ce recueil rassemble donc des petites histoires courtes, souvent percutantes, toujours bien ficelées, qui réveillent irrésistiblement en nous les images d’un passé que l’on sait perdu pour toujours. C’est pourquoi ces petites perles me semblent précieuses et l’on peut dire, au final, que Dominique Besnard s’inscrit dans la lignée de ce conteur fabuleux que fut Marcel Béalu.

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