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Les Compagnons de l´Ombre Tome 4

27.04.2021

Quatrième tome de la série, et la petite collection dont j’ai hérité commence à s’épuiser, ça va me coûter cher de la compléter !

Moins de textes difficiles pour moi sur ce tome-ci, certaines histoires étaient plutôt chargées, voir très chargées, mais ne pas reconnaître tous les personnages n’était pas trop frustrant, même dans « Tel est pris … » où les voleurs s’enchaînent à un rythme effréné, et dans lequel je ne reconnaissais pas un nom sur dix, pas même parmi les auteurs cités ! Mais l’hommage fonctionne d’autant mieux si le récit se suffit à lui même, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette collection, mais l’était pour ce tome. J’ai sans doute moins apprécié le Capitaine Futur et le péril lunaire, mais sans doute parce que nous entrons dans le domaine d’une science fiction qui ne m’a jamais plu qu’à moitié.
Le reproche que je pourrais faire, cette fois ci, est que les récits tendent un peu vers des héros anglo-saxons, en s’éloignant du principe de base qui est de rassembler héros et vilains de la littérature française. Le livre commence notamment par un « tarot des ombres » où chaque atout est assigné à un personnage important. Une idée qui est toujours sympa, mais les choix me laissent quand même largement dubitatif : Sherlock Holmes est sans doute incontournable, mais James Bond est vraiment très limite pour l’époque, en plus d’être anglais, et Jeeves n’a absolument rien à faire ici.

On en retrouve d’autres comme les club des cinq qui sont assez discutables, mais pour lesquels une excuse existe (le club des cinq a eu un tel succès en France que plus de la moitié des romans disponibles ici sont en réalité des productions de la traductrice, et ont même fait le trajet inverse pour être traduits en anglais), excuse que je suis surtout prêt à leur donner car je lisais énormément de leurs aventures vers mes 8 ans.

S’ajoutent dans d’autres récits le comte Orlok, King Kong et le monde de Pellucidar, le roi Kull, mais aussi des productions françaises ou belges comme le capitaine Haddock ou Babar, bref des noms qu’il fait plaisir de voir se joindre à la grande équipe des compagnons de l’ombre.

Babar en particulier a retenu mon attention. Détourner Babar pour en faire quelque chose d’aussi sombre (relativement hein), est quand même un peu dommage, et si c’était quelque chose comme une version officielle, je la haïrais avec passion, mais dans une histoire qui n’est qu’un hommage et ne se veut rien de plus, c’est une façon originale d’aborder l’œuvre. Un peu comme dans l’Empire électrique de Victor Fleury. C’est une différence importante pour moi, entre une œuvre dérivée, qui n’a pas vocation à être canon dans un univers donné et ne vient pas remettre en cause ce que le lecteur ou spectateur a « gagné », et une suite, qui doit être bien plus respectueuse de l’œuvre dont elle est tirée. Et puis on pardonne bien plus facilement à un texte de quinze d’être bâti sur des prémisses un peu faibles, qu’à un roman ou un long métrage où l’on commence à s’attarder sur l’univers et il est possible de commencer à voir quand les justifications sont trop rapides ou maladroites.

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