Babelio > L'Enfer des Vers

L´Enfer des Vers

04.08.2020

JC Gapdy sait écrire. Mais, par-dessus tout, c'est un véritable architecte. Car L'Enfer des Vers (la suite des Gueules de Vers, mais qui peut se lire indépendamment), malgré son extrême complexité scénaristique, est limpide. Et rendre cette histoire abyssale, aux multiples circonvolutions, évidente est un véritable tour de force. Comment ce diable d'écrivain y parvient-il ? Grâce à une aisance de narration remarquable et à une méticulosité de construction imparable. le résultat est une fluidité sans faille, taillée au scalpel, et une crédibilité bluffante.
La première véritable scène met en place un personnage central, qui n'est pourtant pas le héro de la saga : Anaïs. Un personnage attachant, superbement campé, une Ariane : véritable fil conducteur de ce qui va suivre. D'ailleurs, c'est au pluriel que je devrais mettre « fil conducteur », tant le mille-feuille de l'histoire le nécessite. Mais n'en dévoilons pas trop.
Résumons, c'est, dans son genre, à mon sens, un roman majeur, une oeuvre qui tente ni plus ni moins d'expliquer l'Univers, se jouant de sa complexité pour nous le rendre clair, évident, crédible. Qui le donne à voir. Une « hard-science » qui n'est pas rébarbative, qui, contrairement à nombre d'oeuvres du genre, soigne ses personnages et ses situations. Presque un page-turner. Si ce n'était tout simplement du JC Gapdy, je dirais, pour vous tenter, que c'est un habile mélange entre Orson-Scott Card (Le Cycle d'Ender), Poul Anderson, K. Dick et PJ Hérault. Impossible ! Dites-vous ? Si. Mais bien sûr, ce n'est pas seulement – pas simplement – ça.
Et ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus de « l'histoire », parce que je serai bien incapable de le faire en lui rendant justice. Disons que c'est un monument, dont j'attends avec impatience la muraille : La Muraille du Temps, justement. le prochain opus sysSolien.

Arnauld57

Babelio > L'Enfer des Vers - chroniques.site